Étienne Danchin
Directeur de Recherche CNRS émérite
Dernière mise à jour: Septembre 2025
Chercheur au Laboratoire
Centre de Recherche sur la Cognition Animale (CRCA)
Ex co-fondateur et co-animateur du Labex TULIP (Tulip) de début 2011 à fin 2019
Addresse: Centre de Recherches sur la Cognition Animale (CRCA), Centre de Biologie Intégrative (CBI), CNRS UMR 5169, Université de Toulouse Midi-Pyrénées, 31062 Toulouse cedex 9. FRANCE New Email: etienne.danchin@utoulouse.fr
Thèmes de recherche
L’autoreproduction est l’essence même de la vie. La reproduction implique la transmission d’informations d’une génération à l’autre afin de permettre la reconstitution de nouveaux individus à chaque génération. Les concepts liés à l’information occupent donc une place centrale en biologie, et en particulier dans le domaine de l’évolution. Aujourd’hui, la vision dominante, tant parmi les scientifiques que dans la société, est que cette information transmise de génération en génération se résume à la seule information codée dans les gènes (c’est-à-dire dans la séquence d’ADN). J’appelle cette vision la « vision séquencique » de la vie.
Cependant, de nombreux domaines de la biologie apportent la preuve que cette vision « séquencique » de la vie n’est plus tenable, car existe des faits montrant que l’hérédité peut résulter de variants qui, bien qu’ils ne soient pas inscrits dans la séquence d’ADN, sont néanmoins fidèlement transmises d’une génération à l’autre (Danchin et al. 2004, 2010, 2011, 2019a et b ; Danchin 2021). La biologie connaît donc actuellement une profonde mutation conduisant à l’émergence d’une nouvelle synthèse évolutionniste destinée à remplacer l’actuelle « synthèse moderne de l’évolution », apparue au milieu du XXe siècle de la convergence entre la génétique avec les approches darwiniennes de la sélection naturelle.
Je préconise que, si nous devons intégrer toutes les dimensions connues de l’hérédité, autant le faire de manière exhaustive. C’est pourquoi je propose d’appeler cette nouvelle synthèse la « synthèse inclusive de l’évolution », afin de souligner son ambition d’exhaustivité.
Il existe de nombreuses formes de transmission transgénérationnelle de l’information. En particulier, les situations dans lesquelles l’information est extraite de congénères (c’est-à-dire l’apprentissage social) peuvent déclencher des transferts d’information entre générations, conduisant ainsi à l’hérédité culturelle (Danchin et al. 2004, 2010, 2011, 2019a et b, 2018 ; Danchin 2013). L’essence même de la culture réside dans la transmission d’informations d’une génération à l’autre par l’apprentissage social. Grâce à plusieurs processus de correction tels que le conformisme [c’est-à-dire l’adoption disproportionnée du variant le plus courant au sein de la population locale (Boyd & Richerson, 1985)], la variation au sein d’une population peut être transmise de manière fiable d’une génération à l’autre. Cette variation remplit alors les trois conditions qui déclenchent l’évolution par sélection naturelle :
1- Variation (variation culturelle),
2- Il peut exister un lien entre les variants culturels et la valeur sélective des individus porteurs de ce variant (c’est la pression de sélection : certains comportements ont plus de chances d’être transmis),
3- Les variants sont hérités par la descendance (et donc verticalement).
Par conséquent, la variation culturelle est susceptible d’évoluer par le biais de la sélection culturelle, tout comme la variation génétique est susceptible d’évoluer par le biais de la sélection naturelle.
Mes recherches portent principalement sur l’hérédité non génétique, ainsi que sur le cas plus spécifique de l’hérédité culturelle
Mots clés: Évolution, Écologie, Écologie comportementale, Hérédité non génétique, Choix du partenaire, Choix de l’habitat, Vie en colonie, Vie en groupe, Culture animale. Approches expérimentales.
Modèles biologiques : La mouette tridactyle (Rissa tridactyla), et la mouche du fruit (Drosophila melanogaster).